CAN : Section récifale

Pterapogon kauderni

Koumans, 1933

photo : Thierry Lamorlette

Systématique : Classe : Actinopterigyens Ordre : Perciformes

Famille : Apogonidés –Sous-famille : Apogoninés

Genre : Pterapogon espèce : kauderni

Nom commun : fr : kauderni , angl : jewelled cardinal, banggaï

Répartition géographique : restreinte à l'île de Banggaï, bien que certains auteurs signalent deux autres zones où l'on peut le rencontrer.

Taille : jusqu'à 8 cms

Ce poisson de la famille des apogonidés qui regroupe 22 genres et 207 espèces à été découvert par Koumans en 1933 à la suite d'une collecte effectuée par le Dr. walter Kaudern (1881-1942) en 1922. Longtemps oublié, il fut redécouvert en 1995 par un plongeur indonésien qui en parla à Gérald Allen*, grand spécialiste des poissons tropicaux. Après un article paru dans Tropical Fish Hobbyist, notre apogon a été présenté au marché aquariophile à INTERZOO en 1996. Et déjà fin 1996, des dispositions furent prises pour limiter la pêche, tant l'engouement suscité par ce poisson est grand.

Pterapogon kauderni est très actif la journée quoique la littérature le classe plutôt en nocturne, il se trouve le plus souvent sur des fonds sableux où poussent des algues supérieures et des plantes marines le long du littoral. Il vit en couple ou en groupe jusqu'à 60 individus, il a la particularité de se réfugier entre les épines des oursins diadèmes en cas de danger. A noter que les jeunes recherchent également la protection des anémones,

Ils peuvent même entrer en contact avec elles sans dommage (Allen et Steene 1995)

Une autre grande particularité des apogons est leur mode de reproduction, les spécimens incubent buccalement leurs œufs jusqu'à la nage libre des alevins. Chez P.kauderni, il semble que ce rôle soit dévolu au mâle, chez d'autres espèces d'apogons c'est la femelle, chez d'autres encore, c'est l'un ou l'autre partenaire qui incube , ajoutez à cela, la quasi- impossibilité de différencier les sexes. Voilà encore une difficulté de plus pour qui veut les reproduire. Frank Marini, un aquariophile qui a reproduit de nombreuses fois ce poisson, a remarqué quelques signes qui pourraient permettre de les différencier surtout à l'âge adulte(environ un an).

Tout d'abord, le mâle posséderait une deuxième dorsale plus longue que la femelle, la pointe de cette nageoire dépassant le lobe supérieur de la caudale, ensuite le mâle adulte aurait une ligne sous la machoire composée de quadrillage, (dixit F.Marini, sur une centaine d'alevins, la théorie de Marini s'est avérée exacte). La meilleure méthode consiste à prendre un groupe de six spécimens et attendre qu'un couple se forme puis retirer les autres « célibataires ». autre méthode quand on en possède un, introduire un spécimen dans un aquarium avec un mâle reconnu , en moins de dix minutes le mâle sera ou sur le point de tuer l'autre ou de s'accoupler. (Méthode Marini, fiable à 100 %)

D'autres spécialistes sont moins formels et ils émettent même des doutes quant à l'incubation paternel.

Reproduction :

La rentabilité de la reproduction est faible , 30 juvéniles par mois, lorsque l'on compare ce chiffre avec les 4000 que peuvent pondre un couple de clown. On s'aperçoit vite que Pterapogon kauderni n'est pas un bon sujet pour faire de l'argent. Ajouter à cela que les alevins commencent à s'appairer très tôt et qu'ils ne supportent plus leurs congénéres.

Il faut alors beaucoup d'espace pour entreprendre la reproduction à l'échelle commerciale.

Les quantités produites par la pisciculture sont négligeables et c'est ainsi que l'on assiste à une surpêche dans le milieu naturel . Allen citait des chiffres de 5000 spécimens toutes les quinzaines.

Il paraît évident qu'avec le faible taux de reproduction de l'espèce et sa localisation restreinte, nous aboutirions rapidement vers l'extinction de l'espèce en milieu naturel.

Le kauderni n'est pas encore soumis à la CITES , il y a juste un projet de surveillance des importations. Il reste que les spécimens prélevés dans la nature sont meilleurs marché que les spécimens nés en captivité...

La reproduction commence par une parade, la femelle poursuit le mâle :o) se positionne sur un des côtés du mâle et tremble de tout son corps (waooh) puis elle change de côté et recommence le même rituel.

Incubation :

Une fois que la ponte est en sécurité dans la bouche du mâle, celui-ci stoppe toute prise de nourriture, cette période s'étend de 21 à 33 jours et même plus. Le mâle relâche ses alevins en plusieurs fois généralement en soirée après l'extinction des lumières nuit en deux ou trois jours , la majeure partie de la ponte s'effectuant le deuxième et troisième jour..

La capture s'effectue au moyen d'une lampe torche, armé d'une épuisette ou d'un « slurp gun » (« pistolet aspirateur » utilisé dans la capture des poissons) . Cette technique ne fonctionne pas à tous les coups et il vaudrait mieux isoler le mâle incubant avant qu'il ne relâche ses alevins, le problème ici est que la ponte peut avorter, le mâle stressé libère ses alevins trop tôt.

Nourrir les alevins : les alevins se nourrissent immédiatement de nauplies d'artémias, il faut leur fournir des nauplies « fraîches », c'est à dire qui ont moins de 12 heures après elles perdent de leur qualité nutritionnelle., après 12 heures, il faut enrichir les nauplies en acides gras polyinsaturés avec du « Selcon » ou similaire. Au musée aquarium de Monaco, on s'est aperçu que la mortalité plus importante dans le premier mois était due à une carence en acides gras polyinsaturés

Les alevins ont besoin d'être nourri plusieurs fois par jour, 3 fois est un minimum, il faut leur distribuer la nourriture progressivement, sinon les alevins affamés se gavent de nourriture et finissent par mourir.

A l'âge de 6 à 8 semaines, on peut passer à une autre nourriture, l'artémia adulte congelé,

Au départ, on gratte le bloc congelé d'artémias pour obtenir de minuscules morceaux ,

Puis les alevins grandissant on augmente progressivement la taille des artémias.

On pourra essayer par le suite la nourriture sèche, sans garantie car beaucoup de spécimens n'acceptent que la nourriture congelée.

Maladies :

Les apogons sont peu sujets aux maladies, la première que l'on peut rencontrer est une infection de la bouche, causée par un champignon. Si les poissons continuent de se nourrir, cette infection devrait disparaître en deux semaines, sinon il faut isoler le spécimen et traiter avec un anti-fongique. Le deuxième problème qui peut survenir, c'est une sorte de pourriture de la nageoire dorsale, les écailles se soulèvent et tombent, puis on observe des plaies hémorragiques, ensuite le spécimen est entièrement atteint par l'infection, des traitements aux antibiotiques (à large spectre) en bac hôpital ont donné de bons résultats. La troisième pathologie que l'on peut rencontrer, c'est un problème de vessie natatoire, le poisson a le plus grand mal à maintenir son équilibre, son corps étant à l'oblique vers la surface. La cause de ce problème n'a pas encore été trouvée et l'issue est toujours fatale.

Un kauderni stressé prend une couleur sombre, les points blancs disparaissent, les nageoires ne sont plus déployées mais collés au corps.

Bibliographie :

* Allen, G.R. and R.C. Steene, 1995. Notes on the ecology and behaviour of the Indonesian cardinalfish (Apogonidae) Pterapogon kauderni Koumans..
Rev. fr. Aquariol. 22(1-2):7- 10. G .R and R.C Steene ( Gérald Allen a publié son travail dans la défunte « Revue Française d'Aquariologie » qui fût pendant longtemps éditée à NANCY par le Pr CONDE et le Dr TERVER, une revue de renommée mondiale.
Les anciens fascicules sont encore disponibles, pour tout renseignement, contacter le Musée Aquarium de Nancy ou le Cercle Aquariophile de Nancy.

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